Cancer colorectal : comprendre, prévenir et dépister pour sauver des vies

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Le cancer du côlon, ou cancer colorectal, est une tumeur maligne qui se développe à partir des cellules de la muqueuse du côlon ou du rectum. Il peut toucher tous les segments du gros intestin. Cette tumeur maligne provient généralement d’un polype adénomateux bénin, qui évolue lentement avant de devenir cancéreux. 

Distribution géographique et groupes à risque :  

Le cancer colorectal est fréquent dans les pays développés, notamment en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande. 

Ce cancer est courant chez les hommes comme chez les femmes. Les personnes les plus à risque sont :  

  • Les personnes de plus de 50 ans ; 
  • Les individus ayant des antécédents personnels (ayant déjà eu un cancer colorectal, présentant une pathologie colique nécessitant un contrôle endoscopique régulier, ou ayant des antécédents de certains polypes ou d’adénomes colorectaux) ; 
  • Les individus ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal ; 
  • Les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. 

Quelques chiffres : 

  • Dans le monde, environ 1,9 million de nouveaux cas de cancer colorectal et 930 000 décès étaient dus à cette maladie en 2020. Ce cancer représente environ 10 % des cas de cancers au niveau mondial, ce qui en fait le troisième de cancer le plus courant. Il est également la deuxième cause de décès par cancer tous sexes confondus. 
  • En France hexagonale, chaque année, en moyenne 47 582 nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués et 17 117 décès sont enregistrés. Ce cancer est le troisième plus fréquent chez les hommes et le deuxième chez les femmes. Il représente la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes et la troisième chez les femmes. 
  • En Guyane, entre 2007 et 2014, une moyenne annuelle de 456 nouveaux cas et 128 décès dus au cancer ont été recensés, dont 41 nouveaux cas et 9 décès par cancer colorectal. En 2022, 18 décès par cancer colorectal ont été enregistrés. Cette tumeur est la deuxième plus fréquente chez les hommes et la troisième chez les femmes. Elle constitue la quatrième cause de décès par cancer chez les hommes et la troisième chez les femmes. 

 

Facteurs de risques, symptômes et conséquences de la maladie : 

Les causes du cancer colorectal sont multiples. Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un cancer colorectal :  

  • L’âge ; 
  • Les facteurs génétiques, en particulier les prédispositions héréditaires, la polypose adénomateuse familiale, le syndrome de Lynch ;
  • Les facteurs environnementaux, notamment ceux liés au mode de vie : la consommation fréquente de produits transformés à base de viande rouge ou en viandes transformées, une alimentation riche en graisses et pauvre en fibres (fruits et légumes), une consommation excessive d’alcool, le tabagisme, la sédentarité, l’inactivité physique et l’obésité ; 
  • Les maladies inflammatoires, comme la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique. 

Les symptômes courants du cancer du côlon peuvent inclure : 

  • Le changement des habitudes intestinales (diarrhée, constipation) ; 
  • La présence de sang dans les selles ; 
  • Les douleurs abdominales ; 
  • La perte de poids inexpliqué ; 
  • La fatigue ; 
  • Le manque de fer dans l’organisme. 

Le pronostic de la maladie dépend du stade au moment du diagnostic, avec un taux de survie plus élevé lorsqu’elle est détectée précocement.  

  • La survie à 5 ans est d’environ 63 % pour les cancers détectés précocement.
  • Les principales complications sont les métastases au foie et aux poumons ainsi que l’occlusion intestinale. 

Le cancer du côlon a également un impact socio-économique considérable. Il représente une charge financière importante pour les systèmes de santé. Les coûts directs liés à la prise en charge des personnes atteintes de cette maladie incluent les traitements médicaux, les consultations et les hospitalisations. Il existe également des coûts indirects dus à un absentéisme accru et à la perte de productivité des patients et de leurs aidants. La qualité de vie des patients est souvent réduite en raison du stress psychologique et des effets secondaires des traitements. Les inégalités socio-économiques aggravent ces défis, les personnes défavorisées ayant moins accès aux dépistages et aux traitements de qualité, ce qui peut entrainer un retard au diagnostic et augmenter la mortalité du fait des difficultés financières. 

Quels moyens de diagnostic et de traitement ? 

Le diagnostic du cancer du côlon repose sur plusieurs éléments. 

  • L’examen clinique ; 
  • L’imagerie : échographie abdominale, scanner, IRM pour évaluer l’extension du cancer ; 
  • La coloscopie ou la sigmoïdoscopie, examen de référence pour visualiser et biopsier les lésions en vue de l’examen histopathologique ; 
  • Les tests sanguins immunologiques, notamment le dosage de l’Antigène Carcino-Embryonnaire (ACE), protéine dont le taux augmente en présence de certains cancers.  

Un diagnostic précoce, un traitement adéquat et un suivi régulier sont essentiels pour améliorer le taux de survie et la qualité de vie des patients. Quand il est détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 90 % des cas4. Les traitements varient en fonction du type du cancer colorectal et de l’évolution de la maladie, ainsi que des antécédents médicaux du patient. Ils incluent : 

  • La chirurgie, consistant en la résection de la tumeur et des ganglions lymphatiques voisins ; 
  • La chimiothérapie, utilisée en complément de la chirurgie pour les stades avancés ; 
  • La radiothérapie, souvent utilisée pour les cancers du rectum ;
  • Les thérapies ciblées ; 
  • L’immunothérapie. 

Comment prévenir la maladie ? 

Le cancer colorectal fait partie des cancers évitables. Il est possible de réduire significativement l’incidence du cancer du côlon et son impact en appliquant des stratégies de prévention primaire, notamment en adoptant un mode de vie sain, en évitant les facteurs de risque et en favorisant la détection précoce grâce au dépistage.  

  • Un régime alimentaire plus riche en fibres et faible en graisses et en viande rouge ou en viandes transformées, un mode de vie moins sédentaire avec une activité physique régulière et une réduction de la consommation d’alcool et de tabac, contribuent à réduire le risque de développer un cancer colorectal. 
  • Le dépistage du cancer du côlon est effectué à l’aide d’un test immunologique de détection de sang occulte dans les selles. En France, un programme de dépistage organisé est proposé à toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans. Il inclut un test de dépistage simple et indolore, envoyé tous les deux ans par l’Assurance Maladie. L’objectif est de détecter précocement les cancers colorectaux ou les lésions précancéreuses, afin de réduire la mortalité liée à cette maladie. En cas de résultat positif, une coloscopie est proposée pour confirmer le diagnostic et débuter un traitement rapidement, si cela s’avère nécessaire.  

De plus, une coloscopie est recommandée aux personnes présentant un risque accru de cancer colorectal en raison de leurs antécédents personnels (cancer colorectal, polypes/ adénomes colorectaux, pathologie colique) ou familiaux (un parent au premier degré atteint d’un cancer colorectal avant 65 ans, ou au moins deux parents au premier degré atteints). Cette coloscopie doit être réalisée dès l’âge de 45 ans ou 5 ans avant l’âge du diagnostic chez le parent atteint. 

 

Quelles perspectives pour la Guyane ? 

Dans les pays à revenu élevé, comme la France hexagonale, l’incidence et la mortalité par cancer colorectal ont diminué principalement grâce à l’efficacité des programmes de dépistage. En Guyane, bien que l’incidence et la mortalité soient moins élevées que dans l’Hexagone, l’augmentation progressive de ces indicateurs nécessite une attention particulière et une surveillance continue de l’évolution épidémiologique en raison des défis spécifiques liés à l’accès et à l’offre de soins, à la précarité et au renoncement aux soins. De plus, les habitudes de vie de la population guyanaise constituent des facteurs de risque du cancer colorectal : faible consommation de fruits et légumes, sédentarité élevée et faible activité physique. A cela, s’ajoutent des taux élevés d’obésité, une forte consommation de boissons sucrées industrielles et de sel entrainant des prévalences élevées de diabète et d’hypertension artérielle. 

Des investissements accrus dans la prévention et le dépistage précoce peuvent diminuer l’incidence de ce cancer et des maladies chroniques associées, tout en réduisant les coûts à long terme. En Guyane, le taux de dépistage du cancer colorectal est plus faible que dans l’Hexagone. La promotion du dépistage organisé et la lutte contre les facteurs de risque évitables à travers les campagnes de sensibilisation et d’éducation peuvent jouer un rôle crucial dans l’amélioration de la santé publique et la réduction des inégalités.


Sources

OMS : Cancer colorectal 

Santé publique France : Cancer colorectal – Santé publique France 

Santé publique France / Registre des Cancers de Guyane : Incidence et mortalité des cancers en Guyane, 2007-2014. Synthèse de l’état des connaissances  

INSERM-CépiDc 

INCa : Dépistage du cancer colorectal 

Thèse : Contexte sanitaire et situation épidémiologique de la Guyane vis-à-vis des cancers : comparaisons infrarégionales, nationales, internationales et Spécificités | Theses.fr